Urbanisation du système d'information de l'Etat

La démarche d'Urbanisation

La démarche d'urbanisation du Système d'Information (SI), est ainsi nommée du fait des nombreuses analogies pertinentes avec l'urbanisation des villes : cartographies et "plan d'occupation des sols", découpage en quartiers, îlots..., infrastructures communes de transports, réglementation générale, etc. Adaptée aux systèmes d'information, cette démarche vise à les simplifier, à optimiser l'emploi des ressources nécessaires à leur fonctionnement et leur entretien et à les rendre plus réactifs et flexibles par rapport aux évolutions des métiers et de leurs environnements.
 
Les systèmes d'information sont par nature complexes. Il est nécessaire de s'organiser en conséquence avec l'ensemble des acteurs, d'agir très en amont dès la réflexion stratégique métier, et de se doter de principes et règles communes pour une meilleure coopération ; ainsi chaque évolution locale contribue aux objectifs globaux.
 
Concrètement, cette démarche poursuit plusieurs objectifs pour assurer l'alignement des transformations du SI avec le métier, sa stratégie, ses besoins et ses contraintes :
  • La capacité à mieux visualiser et représenter l'état du SI et des évolutions en cours,
  • L'optimisation de l'emploi des ressources (infrastructure, applicative, données, fonctionnalités, processus...)
  • La réactivité et la flexibilité (modularité, subsidiarité, découplage) du SI lui même
  • La simplification du SI globalement
 
La démarche d'urbanisation animée par la Direction Interministérielle du Numérique et du Système d'Information et de Communication de l'Etat (DINSIC), doit ainsi amener : transparence, agilité, moindre coût et interopérabilité. Pour atteindre ce résultat, il faut accepter de se lancer dans une démarche permanente, de long terme, qui doit être comprise et acceptée par tous les acteurs du système d'information (métier, MOA, MOE), qui doit rester pragmatique (éviter le dogme à tout prix), et qui doit privilégier les opportunités liées aux projets plutôt que d'être universaliste.

Le Cadre Commun d'Urbanisation SI de l'Etat ou cadre d'architecture d'entreprise appliqué au SI de l'Etat

La première version du cadre commun d'urbanisation du SI de l'Etat, a été réalisée avec tous les ministères en impliquant leurs urbanistes et leurs DSI, sous l'impulsion de la DINSIC, et a été confronté à un avis expert externe. La communauté des urbanistes du SI de l'Etat, animée par la DINSIC est maintenant effective depuis deux ans.
 
Le cadre commun d'urbanisation :
  • établit les principes constituant la doctrine générale applicable par l'ensemble des acteurs pour la transformation du SI de l'Etat, tout en laissant la souplesse nécessaire aux instances de gouvernance des projets.
  • recense les activités de la DSI, des maîtrises d'ouvrage et des métiers ayant vocation à contribuer à la démarche d'urbanisation. Il s'agit d'un guide pour identifier les processus et acteurs clés, notamment au sein de la conduite de projet et du pilotage stratégique.
  • consolide la base de connaissance des différents composants du système d'information, en se basant sur un processus industriel d'entretien de la connaissance. A cette fin chaque ministère doit mettre en place ce processus et l'outiller. Pour les ministères n'en disposant pas, une offre interministérielle sera proposée dans les prochains mois.
 
Enfin, en annexe, figurent notamment :
  • des nomenclatures de référence sur lesquelles les ministères doivent s'aligner, dont en particulier le "Plan d'Occupation des Sols" (POS) fonctionnel.
  • un métamodèle pivot décrivant tous les concepts de la démarche, à des fins notamment de structuration des outils de cartographie et de gestion du patrimoine SI.
  • des propositions d'"indicateurs" pertinents pour mesurer la maturité de la démarche d'urbanisation.
 
La version 1.0 du Cadre Commun d'Urbanisation du SI de l'Etat a été publiée le 16 novembre 2012. C'est la version "En vigueur" du cadre. La version 3.1.1 du POS du SI de l'Etat a été publiée le 26 juillet 2016.

Guide du Responsable de Zone Fonctionnelle (RZF)

Pour accompagner la mise en place de cette démarche, pour organiser et structurer la gouvernance de cette transformation continue du SI de l'Etat, la notion de responsable de zone fonctionnelle a été identifié et se met en place progressivement. Il s'agit de passer d'une logique de gouvernance organisationnelle (par ministère ou administration), à une logique fonctionnelle (de quoi parle-t-on ? que transforme-t-on ?) alignée sur le Plan d'Occupation des Sols du SI de l'Etat, qui devient ainsi un véritable outil stratégique et d'aide à la décision. Il s'agit également de passer d'une logique de planification stratégique à une posture stratégique permanente.
 
Le Guide du Responsable de Zone Fonctionnelle dans sa version 1.0 publiée le 18 décembre 2013 constitue le premier complément du Cadre Commun d'Urbanisation, et précise : la nécessité de ce changement de paradigme, le rôle stratégique particulier de ces responsables, leurs missions, et leurs articulation avec les autres acteurs de la transformation (DSI, MOA, Urbaniste, etc.). Il a été co-construit par l'ensemble des ministères, sous l'animation de la DISIC, et apporte des réponses concrètes pour la mise en place de cette gouvernance.

Cadre Commun d'Architecture des Référentiels de données

La gouvernance des données est l’un des objectifs majeurs de la démarche d’urbanisation. Sa mise en place consiste en premier lieu à considérer les données manipulées par l’État comme un actif stratégique, et à ce titre assurer leur gestion comme telle : recensement, responsabilité, standardisation, faciliter l’accès, la diffusion, la réutilisation, le partage et l’archivage sécurisé pour en maximiser la valeur.
 
Parmi les données manipulées, échangées, traitées par l’ensemble des acteurs, des activités, des processus, des outils numériques ou non, que composent le système d’information de l’État français, certaines ont des caractéristiques particulières : réutilisation, duplication, transversalité, valeur (notamment par rapport aux processus métiers), impact. Le concept de « données de référence » est utilisée pour désigner ce type de données. Le terme « référentiels de données » désigne les outils informatiques nécessaires à la gestion de ces données dans le temps et leurs mises à disposition des autres applications, systèmes d’information ou utilisateurs. Les référentiels de données sont des applications clés pour l’ensemble du SI de l’État, et souvent même pour des acteurs externes à l’État. Ils sont la pierre angulaire de toute la démarche d’urbanisation du SI de l’État. L’efficacité, la qualité, la pérennité et l’agilité de telles applications est un objectif majeur des travaux d’urbanisation du SI de l’État, raison pour laquelle un cadre spécifique leur est consacrées.
 
Le Cadre Commun d'Architecture des Référentiels de données a été publiée le 18 décembre 2013, dans sa version 1.0, a été co-construit par l'ensemble des ministères sous l'animation de la DISIC. il constitue le deuxième complément du Cadre Commun d'Urbanisation. Il introduit un langage, des principes et des règles communes dans la mise en place, l'entretien et l'exploitation de référentiels de données. Il possitionne les travaux d'analyse sémantique des données de références commune une étape clé. Il doit faciliter la coopération des différents acteurs sur ces questions complexes et aider à évaluer le patrimoine de l'Etat en matière de référentiel de données, et définir une trajectoire de rationalisation, de mutualisation et de modernisation.

Les grandes dates

  • Février 2011 Création de la DISIC, Décret n°2011-193 du 21 février 2011
  • Décembre 2011, cadrage et validation des travaux en Conseil des SIC
  • Janvier à mai 2012, élaboration du cadre en groupes de travails interministériels
  • Juin à septembre 2012, validation du cadre et concertation externe
  • Septembre 2012, validation en Comité Technique des SIC
  • Octobre 2012, création du SGMAP, Décret n° 2012-1198 du 30 octobre 2012, et Arrêté du 30 octobre 2012 sur l'organisation du SGMAP
  • Novembre 2012, publication du Cadre Commun d'Urbanisation du SI de l'Etat dans sa version 1.0, et de la version 1 du POS du SI de l'Etat
  • Décembre 2013, publication du Guide du Responsable de Zone Fonctionnelle, de la version 2.0 du POS du SI de l'Etat, et du Cadre Commun d'Architecture des référentiels de données
  • Août 2014 : Décret de création d’un SI unique de l’Etat placé sous l'autorité du Premier Ministre
  • Septembre 2015 : La DINSIC naît de la fusion de la DISIC et de Etalab (décret du 21 septembre 2015)
  • Juillet 2016, publication de la version 3.1.1 du POS, qui intègre les grands domaines métiers de l'Administration Territoriale, et devient le Plan d'Occupation des Sols du Système d'Information des Services Publics Français